Propositions Peep pour l’évolution du Bac général

Vous trouverez ci-dessous les « Propositions Peep pour l’évolution du Bac général » adressées à Pierre Mathiot, universitaire chargé par le ministre de l’Education nationale de piloter la réforme du baccalauréat.

Les parents d’élèves de la PEEP souhaitent que :

– le lycée permette au jeune, acteur de son orientation, d’affiner sa réflexion sur son parcours et son orientation future,

– les années lycées préparent l’élève à la suite de son parcours (aux études supérieures ou à des formations professionnelles),

– cesse le bachotage que nous constatons durant l’année de terminale, pour se concentrer sur l’acquisition des compétences,

– le Baccalauréat reste un examen national, étape vers l'enseignement supérieur,

– les élèves puissent construire leur projet en confiance ; à ce sujet, il est important que tous les acteurs veillent à encourager les élèves et respectent tous les parcours sans considération de hiérarchie,

– le socle français-mathématiques demeure la base de tous les parcours. En effet, la possibilité de passerelle, de parcours choisi, de réorientation, de reconversion professionnelle passe par un socle fondamental solide.

1. Les filières de l’enseignement général
Le constat est le même depuis des années ; trop souvent, les filières actuelles de la voie générale n'ont pas atteint leurs objectifs :
– La filière S concentre la plupart des élèves considérés comme les meilleurs du point de vue académique ; cependant une très grande partie d'entre eux n’a pas vocation à poursuivre des études scientifiques
– La filière L n’attire pas suffisamment d’élèves malgré la grande motivation des équipes enseignantes, et l’orientation s’y fait souvent par défaut
– La filière ES attire un grand nombre d’élèves qui, pour beaucoup, ne peuvent pas intégrer la filière S et n’ont pas vraiment de projet d’orientation.
Pour beaucoup de familles, la règle est souvent, quels que soient les goûts de l’enfant : « si tu as un niveau bon ou correct dans toutes les matières, tu vas en S ».
Cette filière est devenue le Baccalauréat Généraliste qui concentre la majorité des élèves jugés bons académiquement, indépendamment d’un projet scientifique dans le supérieur.
Il est sans doute nécessaire d'opérer une rupture idéologique et de permettre à chaque élève de construire son parcours de façon cohérente, la notion de tronc commun avec des matières majeures devant permettre ce recentrage.
En remplacement des filières générales telles qu’elles existent à ce jour, nous proposons donc la mise en place d’un cursus général avec pour l’élève le choix de 3 matières majeures en plus du Français, en fonction de ses goûts, de ses talents et de son projet.
Le cursus général devrait comporter pour chaque élève un enseignement de Français, Mathématiques, Histoire/Géographie, Sciences, Philosophie, Education Physique et Sportive et la pratique de deux Langues Vivantes.
Une réflexion doit également avoir lieu sur les options, dont le nombre et la force des coefficients impactent de manière importante les résultats à l'examen.
Les « enseignements d’exploration » de seconde tels qu’ils sont conçus aujourd’hui ne sont pas déterminants et cristallisent frustrations et tensions, les élèves et les familles n’étant pas satisfaits quand l’enseignement demandé n’est pas obtenu par l’élève ; ils « consomment » des moyens importants pour peu de résultats.
Il nous paraît plus efficient d’affecter ces moyens à une spécialisation au 3ème trimestre de terminale (voir point 3).

2. Se concentrer sur l’acquisition des compétences
Nous souhaitons :
 Une majorité des matières évaluées en contrôle continu :
– permettre aux élèves/professeurs de se concentrer sur l’acquisition des compétences et non sur le bachotage
– permettre des contrôles communs avec des élèves évalués anonymement par différents professeurs n’enseignant pas dans la classe de l’élève
– ces notes non coefficientées devront faire l’objet d’un traitement statistique en fonction des résultats des classes et des établissements aux épreuves finales afin qu’aucun élève ne soit défavorisé par la notation de tel ou tel professeur ou par la notation plus sévère d’un établissement.
 Des épreuves finales nationales en français et dans les 3 « majeures » choisies
 Avancer les épreuves de terminale en fin du 2ème trimestre pour qu’elles soient prises en compte dans la procédure d’affectation des élèves
 Le 3ème trimestre de terminale reprendra toute son importance dans la préparation des élèves à la suite de leur parcours :
– Il pourra être consacré à des modules de compétence choisis par l’élève ou rendus obligatoires (attendus) en fonction de son projet de poursuite d’épreuve.
– Le « 3ème trimestre » peut aussi devenir celui du rattrapage pour un élève n’ayant pas le bac ou la moyenne dans une majeure.
– Il pourra préparer les élèves aux méthodes pédagogiques de l’enseignement supérieur (QCM, autonomie, prise de note, TPE, Oral, cours en amphi, travail avec tuteurs…)
– L’élève pourra finaliser un projet de type TPE, le poids d’une épreuve orale de présentation de projet devant être limité afin de réduire les inégalités sociales et pédagogiques.

3. L'enseignement des langues vivantes
Il s'agit de :
– Dynamiser la pratique orale, en diminuant systématiquement les effectifs en cours de langues dès le collège.
– Développer, dans l’ensemble des parcours, l’enseignement de disciplines en langue étrangère sur le principe de « l'Enseignement Technologique en Langue Vivante » en filières technologiques.
– Favoriser les certifications dans toutes les langues et pas uniquement en anglais ou allemand pour quelques élèves. Cette certification pourrait figurer sur le diplôme du baccalauréat.


4. L'encadrement/orientation
La sensibilisation des jeunes à l’orientation doit commencer bien avant l’entrée au lycée.
Un parcours "Avenir" rénové et dynamisé doit être mis en place dans tous les collèges et poursuivi au lycée, pour que chaque jeune puisse réellement devenir acteur de son orientation et pour qu'il construise un projet en fonction de ses goûts et de ses talents, et qui lui permette de s’épanouir.
Cela ne pourra réellement fonctionner qu’avec un renforcement des liaisons collège/lycée.
La PEEP propose également :

  •  L’accompagnement personnalisé et le tutorat, outils d’aide à l’orientation.
  •  L’intervention de jeunes étudiants, anciens élèves dans leurs lycées pour présenter les conditions d’études et les attendus dans le supérieur.
  •  La nomination de professeurs référents spécialistes de certaines filières du supérieur au sein des lycées.
  •  La multiplication des interventions d’enseignants chercheurs au sein des lycées et la participation de ces derniers aux conseils pédagogiques des lycées.
  •  La possibilité d'organiser des cours de découverte par des enseignants chercheurs dans les matières universitaires qui ne sont pas enseignées au lycée (droit, psychologie par exemple).
  •  La création d’un conseil de l’orientation dans chaque lycée, constitué du chef d’établissement, de psychologues de l’éducation nationale, de professeurs, d'élèves et de parents. L’objectif de cette instance sera de suivre les parcours des anciens bacheliers des 3 dernières années et préparer des actions au sein des établissements afin d’améliorer l’intégration des jeunes dans l’enseignement supérieur.
  •  La mise en place en 2nde d’un stage d’observation en entreprise, obligatoire.




Auteur de l’article : peepAdmin